Accueil  
  Toute l'actualité  
  Contact  
  Qui sommes-nous  
  Archives  
    Faire connaître Israel-Infos

Israel infos : Actualites Israel, Presse monde juif,
Informations communauté juive francophone
Mardi 19 Novembre 2019 / 21 Heshvan 5780
Abonnement Gratuit aux Newsletters

  A LA UNE
Numéro 1280 - 19.02.2019 - 14 AdarI 5779 

Syrie- Sans rien lacher, Assad ne prend aucun risque
par Gerard Fredj
Le processus de réformes promis par Bashar el-Assas est définitivement en panne.
Mais les analystes s'accordent à convenir que cela ne produira pas de nouvelle guerre civile, tant le dictateur syrien a repris fermement les commandes de son pays.


Le (toujours) président syrien a montré ces derniers jours sa réticence à faire des compromis sur la réécriture de la constitution du pays, une étape que de nombreux observateurs considèrent comme cruciale pour mettre fin à huit années de conflit et mettre, enfin, la Syrie sur la voie de la réconciliation et de la reconstruction.
"La constitution est le destin du pays et par conséquent, elle ne supporte aucun compromis qui pourrait coûter "plus cher" que la guerre elle-même", a déclaré Assad lors d'un discours télévisé.
L'année dernière, Damas a accepté de participer à un congrès parrainé par la Russie, qui a chargé l'envoyé spécial des Nations Unies en Syrie, Geir Pedersen, de former une commission chargée rédiger un projet de nouvelle constitution.
Assad, cependant, a de plus en plus exprimé son blocage vis-à-vis de l'opposition, décrits comme des "agents" de la Turquie et d'autres puissances régionales qui soutiennent les groupes rebelles opposés à son régime.
. Le leader syrien a précisé "qu’il croit que l’ONU peut jouer un rôle constructif dans le processus politique, mais seulement si elle respecte la souveraineté de la Syrie" . Selon l’initiative soutenue par l’ONU, une nouvelle constitution impliquerait des réformes clés destinées à apaiser les mécontentements dans différentes composantes de la société syrienne (principalement la population majoritairement sunnite du pays).
Cela ouvrirait la voie à de nouvelles élections.
Mais le refus d'Assad de parler de réformes amènent les analystes à se demander si le régime syrien ne se prépare pas à des années de guérilla ou de guerre civile.
Le professeur Günter Meyer, président du Congrès mondial pour les études du Moyen-Orient et directeur du Centre de recherche sur le monde arabe de l'Université de Mayence, a déclaré à "The Media Line" qu'Assad s'était montré prêt à réformer la constitution, mais s'opposait tout simplement à la composition du comité chargé de l'élaborer
"Il y a eu quelques changements mineurs apportés à la constitution en 2014", a-t-il noté, ce qui est la preuve de la volonté de coopération d'Assad.
"Mais bien sûr, il s'oppose à toute réduction significative de son pouvoir, et il n'a pas l'intention d'inclure dans le processus les groupes d'opposition basés à l'étranger en particulier en Arabie Saoudite."
Lorsqu’on lui demande si l’absence d’une constitution pouvait engendrer un regain de guerre civile de la part des oubliés politiques du pays, le professeur Meyer estime un tel scénario est peu probable.
" La position d'Assad s'est considérablement améliorée avec le soutien de la Russie et de l'Iran."
Les Kurdes se préparent, eux, à une offensive de la Turquie dès le retrait des forces américaines.
Au point de demander à Assad de mettre en place une zone tampon dans les zones qu'ils contrôlent.
Le président turc Tayyip Erdogan envisage de déplacer jusqu’à 3,6 millions de réfugiés dans cette région.
"Ce n'est pas dans l'intérêt des Kurdes, mais l'alternative est claire : Ils doivent accepter que seule une prise de contrôle d'Assad sur cette zone peut bloquer les visées turques".
Ankara considère les combattants kurdes syriens comme liés au parti interdit des travailleurs du Kurdistan, le PKK, qui a mené une guérilla anti gouvernementale en Turquie pendant des décennies.
Pour le Docteur Moshe Ma’oz, professeur d’études islamiques et du Moyen-Orient et expert de la politique syrienne à l’Université hébraïque de Jérusalem, le principal objectif d’Assad est de préserver la constitution existante, sauf si il est contraint par ses principaux soutiens. "L’absence de constitution ne provoquera pas une nouvelle guerre civile parce qu’il est fermement aux commandes.
Mais la question principale concerne la Russie et l'Iran.
Tous deux veulent préserver le régime d'Assad mais rivalisent cependant pour conserver une primauté d'influence concernant les investissements clés et les rares ressources naturelles du pays.
Les sunnites sont bien sûr majoritaires mais n’ont aucun pouvoir.
Les Kurdes exercent leur autorité dans les régions autonomes qu'ils contrôlent, mais recherchent une autonomie reconnue en Syrie et la question est de savoir si une nouvelle constitution le permettrait.
Les Turcs seraient radicalement opposés à cela, tout comme les Iraniens qui veulent une Syrie unifiée.
Ces derniers mois, le régime syrien a repris les territoires détenus par les rebelles, à l'exception de la dernière province d'Idlib au nord-ouest du pays.
Le conflit a fait plus de 450 000 morts et déplacé environ la moitié de la population syrienne d’avant-guerre, soit 22 millions de personnes.

Pour mettre ces infos sur votre site, Cliquez ici
Le journal video (en anglais)