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Mercredi 21 Août 2019 / 20 Av 5779
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  CULTURE
Numéro 1280 - 19.02.2019 - 14 AdarI 5779 

Ber Borochov ou les prémisses du sionisme
par Benjamin Fredj
Le théoricien du sionisme socialiste, chantre du yiddish, est décédé le 17 Décembre 1917, bien avant que ses rêves sionistes soient devenus une réalité.

À l'époque où la plupart des socialistes rejetaient les mouvements nationalistes pour favoriser la lutte des classes, Borochov est déjà connu pour sa synthèse idéologique du sionisme et du socialisme qu'il considérait comme fournissant, ensemble, la bonne réponse à la situation unique du peuple juif en Diaspora.
Dov Ber Borochov est né le 4 juillet 4 1881 à Zolotonosha et grandit à proximité de Poltava, deux localités de l'empire russe (aujourd'hui en Ukraine).
De son père, professeur d'hébreu, il hérite l'engagement sioniste alors que sa mère, éducatrice, encourage ses tendances didactiques.
Il étudie à l'école laïque mais l'expérience de l'antisémitisme le renforce dans son identité juive.
Il rejoint le Parti social-démocrate anti-tsariste, et fonde l'Union des travailleurs sionistes socialistes à Yekaterinoslav ce qui lui vaut d'être expulsé de Russie.
Marxiste dans l'âme, Borochov voyait en Marx celui qui avait compris que les besoins des travailleurs différaient d'un contexte à un autre.
Dans le cas des Juifs, leur situation unique exige, disait-il, un mélange de nationalisme et de socialisme révolutionnaire.
Sa première œuvre majeure, "La question nationale et la lutte des classes", publiée en 1905, expose cette philosophie très peu orthodoxe.
Il y soutient que, sur le plan économique, les Juifs constituent une pyramide inversée : alors que, dans une société typique, les travailleurs industriels et agricoles constituent la base de la pyramide, parmi les Juifs, peu remplissent ces rôles et le manque de productivité "normale" les rend vulnérables.
C'est selon lui ce phénomène qui les a conduits à l'errance de pays en pays. Borochov pensait que le processus qui les amenait inévitablement en Palestine, leur permettrait de reprendre enfin les rôles propres à la classe ouvrière qui leur faisaient défaut en diaspora.
En novembre 1905, il devient l'un des chefs de file du mouvement Poalei Zion (Les travailleurs de Sion) et soutient le projet d'un sionisme en Palestine lors du sixième Congrès sioniste face à l'option de l'Ouganda.
Idéologue principal du mouvement, il participe à l'organisation de branches dans différentes villes européennes et aux États-Unis.
En Palestine, Poalei Zion organise l'Hachomer, pionnier du concept de la "conquête par le travail".
Parallèlement, Borochov devient l'un des derniers prophètes du yiddish, qu'il commence à étudier à l'âge de 26 ans.
Les sionistes en général voyaient dans cette langue, la langue de la diaspora, qui devait inéluctablement être abandonnée au profit de l'hébreu.
Pas Borochov pour qui yiddish et sionisme étaient parfaitement compatibles.
À ses yeux, la beauté du yiddish, et sa grandeur, venaient de ses caractéristiques mêmes, fusion de l'allemand et de l'hébreu, mâtiné d'éléments slaves.
Il collabore au quotidien yiddish, Die Warheit, écrit un petit dictionnaire du yiddish ancien et participe aux efforts de normalisation et de structuration de la langue. L'Institut d'études yiddish YIVO créé à Vilna en 1925 (qui déménage à New York en 1941 et y existe encore), lui doit beaucoup.
C'est à New York que le surprend la Première Guerre mondiale en 1914.
Il y travaille simultanément à la réalisation des deux projets qui lui tiennent à cœur, le sionisme socialiste et la survivance du yiddish.
Il soutient l'implication américaine au côté de la Russie où il se hâte de revenir en mars 1917 alors que les sociaux-démocrates y ont pris le pouvoir.
Il aura juste eu le temps de voir les premiers soubresauts de la Révolution d'octobre ; il meurt d'une pneumonie à Kiev en décembre 1917, à l'âge de 36 ans.

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