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Lundi 23 Juillet 2018 / 11 Av 5778
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  DEFENSE
Numéro 1277 - 22.01.2018 - 6 Shevat 5778 

Comment Israël a failli bombarder l'Irak
par Sarah Cohen
Aux premières heures du 18 janvier 1991, au début de la première guerre du Golfe, l'armée irakienne lançait huit missiles Scud sur Israël, touchant Tel Aviv et Haïfa, blessant sept personnes et endommageant plusieurs bâtiments résidentiels.

L'armée de Saddam Hussein tirait par la suite 30 autres Scuds sur les villes du centre d'Israël, tuant deux personnes directement et faisant 11 victimes indirectes (crises cardiaques, asphyxies, …).

A ce moment surgit pour Israël une nouvelle hypothèse séreuse: mener des frappes aériennes contre des cibles irakiennes.
Les interviews de Moshe Arens, ministre de la Défense de l'époque, et de Dan Shomron, chef d'état-major deTsahal, rendues publiques jeudi par l'ouverture des archives de Tsahal à l'occasion du le 27e anniversaire de ces évènements, montrent à quel point la menace d'une riposte israélienne était proche.

"A ce moment, Arens a appelé (le secrétaire de la défense des États-Unis)Dick Cheney et lui a dit:" OK, nous allons attaquer, déplacez vos avions ", se souvient Shomron.
"Je parlais presque tous les jours avec Cheney sur une ligne spéciale presque tous les jours. Je lui ai dit: nous devons attaquer, nous devons nous coordonner».
"A chaque fois, il repoussait cette option, arguant que cela exigeait la permission du président (pour déplacer les avions) et qu'il n'y avait toujours pas d'autorisation du Président pour une coordination des actions ", se souvient Arens.

Les Etats-Unis étaient opposés à une intervention israélienne dans le conflit, craignant que cela ne désorganise la coalition, un nombre important de pays ne souhaitant pas être perçus comme se battant aux cotés d'Israël.
La coalition s'engagea donc dans une véritable " chasse au Scud" , en fait une recherche frénétique des rampes de lacement à partir desquelles l'armée irakienne tirait des missiles non seulement sur Israël mais aussi vers Arabie Saoudite ou des cantonnements de l'armée américaine.

Arens note que le nombre de victimes en Israël était vu comme relativement faible compte tenu de l'ampleur du conflit et de la menace. "Il y avait le sentiment que la prochaine attaque pourrait être massive, ou chimique, et que si aucun pays membre de la coalition ne parvenait à l'arrêter, alors nous devrions le faire".
Dans son interview, Shomron rappelle que lui et Arens n'étaient pas toujours d'accord sur la même option et que, bien qu'il ait présenté au gouvernement des plans pour une attaque, il s'était personnellement opposé à leur exécution.
"Si le gouvernement avait ordonné une attaque, nous aurions attaqué mais j'ai recommandé une position opposée; mais si un missile chimique avait été tiré, j'aurais changé d'avis, ma position était à un instant donné et n'était pas figée".

Shomron reconnait que sa position était loin d'être populaire en Israël à l'époque.
"Une grande majorité d'israéliens se disaient 'Ils nous attaquent et nous ne répondons pas'
C'est ainsi que nous avons été élevés ".
"Arens a toujours voulu agir. Il nous apportait toujours des "petites missions" que je n'ai jamais voulu exécuter", déclare l'ancien chef d'état major.

Dans son interview, Arens précise qu'il ne se souvient pas de l'opération de Shomron aux opérations de représailles – qui se seraient composées de frappes aériennes mais aussi la projection de forces terrestres dans l'ouest de l'Irak.
"Il n'a pas vraiment dit qu'il s'y opposait. Au contraire! Il a présentéun plan, et je l'ai ", a déclaré Arens. Parmi les cibles des frappes aériennes choisies par Shomron figuraient l'un des palais de Saddam Hussein et le quartier général de l'état-major de l'armée irakienne.

L'ancien chef 'état major, décédé en 2008, a également relevé la préoccupation réelle de l'armée à propos de Saddam Hussein, qui aurait envisagé d'utiliser des armes chimiques contre Israël dans les mois qui ont précédé la guerre.
Les archives révèlent également que l'armée israélienne se préparait à la possibilité que le dirigeant irakien entreprenne une campagne éclair à l'échelle du Moyen-Orient, et tente de prendre le contrôle de la Jordanie et de la Syrie.
"Nous comprenions que le Moyen-Orient se dirigeait vers de nouvelles formes de guerre notamment des attaques chimiques à partir d'ogives chimiques sur des missiles sol-sol, qui seraient difficiles à abattre", a déclaré Shomron.

Pour lui, avant la guerre du Golfe, en raison de sa maîtrise des airs, les défenses aériennes israéliennes étaient limitées, en particulier sans aucune contre-mesure réelle contre des missiles entrants.
"Personne au monde n'avait de solution fiable pour arrêter un missile sol-sol, et nous n'en avions certainement pas".
Après le premier tir de missiles sur Israël du 18 janvier, les États-Unis et les Pays-Bas ont déployé le système de défense antimissile Patriot sur le sol de l'état hébreu, mais il ne fonctionnait pas à ce moment.

Reuven Pedatzur, ancien pilote et analyste militaire de l'armée de l'air israélienne, a déclaré devant le Congrès américain qu'une seule ogive irakienne avait été interceptée par les batteries Patriot (le système a été amélioré à plusieurs reprises depuis).
Arens s'est rendu aux Etats Unis pendant la guerre pour convaincre le président de l'époque, George H.W. Bush, qu'Israël devait mener une attaque de représailles en Irak, car la coalition comme le système Patriot étaient inefficaces.

Mais pour Bush, qui était persuadé que Patriot fonctionnait, il n'en était pas question; à la suite de ce blocage, Israël a débuté la distribution de masques à gaz à la population.
Et aucune action militaire de représailles n'a été menée.
Pour Moshe Arens, cela a conduit à une perte de la force et la capacité de dissuasion de l'état hébreu pendant plusieurs années. Des capacités retrouvées et renforcées aujourd'hui.

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