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Vendredi 23 Juin 2017 / 29 Sivan 5777
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  DIPLOMATIE
Numéro 1276 - 26.01.2017 - 28 Tevet 5777 

Israël - palestiniens, le retour de l'initiative arabe de paix
par Gérard Fredj et David Koskas
En dépit des pressions internationales, il n'y a pas eu de réelles négociations israélo palestiniennes depuis plus de cinq ans.
Alors qu'Israël a toujours insisté sur le fait que seuls des pourparlers bilatéraux directs pouvaient déboucher sur un accord de paix, les pays arabes sont, eux, plus intéressés par un accord régional de paix, dont les grandes lignes ont été tracées en 2002.


Appelé l'Initiative de paix arabe (API) ou "plan saoudien", le "plan arabe" comporte dix points et appelle à un retrait israélien de toute de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est, ainsi que des hauteurs du Golan, prises à la Syrie pendant la guerre des six jours, en 1967.
Le texte demande également à une "solution juste» à la question des réfugiés palestiniens.
En échange, Israël signera des traités de paix avec des dizaines de pays arabes de la région.

A l'époque, le plan saoudien, qui n'avait pas été rejeté par Israël, avait été enterré après une attaque terroriste contre l'hôtel Park à Netanya, au cours d'un Seder de Pessah en 2002, qui avait vu la mort de 30 civils israéliens.
L'Initiative arabe de paix semble cependant refaire surface.
Maintenant les joueurs régionaux au Moyen-Orient disent qu'il pourrait être temps pour tenter de relancer le plan.

Ainsi, Walid Obeidat, l'ambassadeur de Jordanie en Israël déclarait cette semaine lors de la Conférence d'Herzlia : «A notre avis l'Initiative de paix arabe est la voie lorsque nous parlons de la paix régionale", "Nous avons la légitimité internationale, elle est soutenue par 58 pays. Qu'est ce qu'Israël pourrait demander de plus que cela?" ajoutant que l'état hébreu avait signé des traités de paix avec l'Egypte et la Jordanie, qui n'avaient débouché que sur des accords sécuritaires; "les espoirs israéliens pour une paix active avec des échanges et des visites, des liens économiques profonds n'ont pas abouti", a ajouté l'ambassadeur jordanien pour qui seul un accord régional peut amener un accord en profondeur.

Selon Elias Zananir, le vice-président du Comité de l'OLP chargé des relations avec la société israélienne, 22 ans de négociations bilatérales n'ont abouti à rien et "nous sommes en train de vivre les derniers instants d'une chance réelle de paix".
Certains israéiens commencent également à rejoindre l'idée d'une paix régionale. Ainsi en est-il du député Yaakov Peri, ancien directeur du Shin Bet qui déclare au magazine The Media Line. «Israël a recherché la reconnaissance arabe depuis qu'il a été créé. Il est dans l'intérêt d'Israël maintenant de se séparer des Palestiniens. Nous devons arrêter de nous contenter de réagir, nous devons maintenant agir et prendre l'initiative ".

Il y a deux semaines, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu n'avait lui-même pas écarté le plan arabe de paix dans son discours d'intronisation du ministre de la Défense Avigdor Lieberman.
«Je me suis engagé à parvenir à la paix avec nos voisins palestiniens et avec tous nos voisins», a déclaré Netanyahu. "L'Initiative de paix arabe comprend des éléments positifs qui pourraient aider à relancer des négociations constructives avec les Palestiniens.
Nous sommes prêts à mener des négociations avec les pays arabes pour mettre à jours le plan et refléter les changements dramatiques intervenus dans notre région depuis 2002, tout en maintenant l'objectif convenu de deux Etats pour deux peuples. "
Ce qui, comme à son habitude, n'a pas empêché Netanyahu de dire le contraires, affirmant à ses ministres du Likoud que le plan de paix arabe " ne peut pas être une base pour les négociations".
"Si les pays arabes comprennent qu'il faut réviser la proposition de la Ligue arabe en fonction des des exigences d'Israël, alors nous pouvons parler", a déclaré Netanyahu, selon Ha'aretz. "Mais si elles reprennent la proposition de 2002 et la définissent comme« à prendre ou à laisser »- nous choisissons d'abandonner de plan."
Israël a toujours affirmé qu'il ne se retirerait pas du plateau du Golan, pris en 1967 à la Syrie et annexé en 1981.

Même à gauche, cette position fait généralement consensus : compte tenu des cinq années de guerre civile en Syrie, beaucoup pensent qu'envisager le retrait du plateau du Golan en ce moment serait une erreur.
Selon l'ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Kurtzer, les pays arabes ne s'attendaient pas à une reprise par Israel du plan de la Ligue arabe, mais à une réponse officielle voire à des contre propositions – ce que l'état hébreu n'a jamais fait.
Les rumeurs autour du plan de paix arabe surgissent alors qu'un des faits majeurs de la région est le rapprochement intervenu entre Israël et l'Arabie saoudite. Ainsi, le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères Dore Gold a tenu plusieurs réunions publiques avec les autorités saoudiennes, mais également une série de réunions plus secrètes.
Il est un fait qu'Israël et l'Arabie Saoudite voient l'Iran comme une menace croissante au Moyen-Orient.

Selon Dore Gold, "il y a aujourd'hui une convergence stratégique entre Israël et la plupart des pays arabes sunnites qui craignent la montée en puissance de l'Iran dans la région" et le renforcement de l'axe chiite Iran-Syrie-Irak-Hezbollah" .
La plupart des pays arabes à l'Est d'Israël craignent l'Iran, surtout après l'implication directe de ce pays sur le terrain militaire en Syrie et en Irak, et la fin des sanctions économiques qui dopent sa puissance financière.
Mais les pays arabes continuent de voir la question palestinienne comme un point de blocage dans la normalisation avec l'état hébreu.

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Le journal video (en anglais)